Vivre les présocratiques
Vous ne trouverez pas ici une autre interprétation intellectuelle des textes à laquelle vous identifier.
Il est question de vivre l’unité avant d’en parler afin de parler à partir de l’unité, c’est ainsi que les présocratiques dans leurs interventions indiquaient la perspective vraie à partir de laquelle le Vrai se met en perspective… Ils ne voulaient qu’aider leur frères à reconnaître leur vraie nature car c’est uniquement depuis cette perspective que le monde se révolutionne. Il ne s’agit pas de comprendre ce qui est dit mais de reconnaître qu’en dernière instance vous êtes la même perspective unitaire a partir de laquelle s’exprimaient les révolutionnaires… Alors il devient évident que c’est vous qui avez produit ces textes il y a 2500 ans…
Ne nous enchaînons pas aux textes révolutionnaires ou aux personnes les ayant apparemment produits mais vivons directement cela à partir de quoi émerge l’inspiration qui a produit ces textes. Simplement, la révolution n’est pas un objet que l’on peut posséder par le savoir, on ne peut ni le perdre, ni l’oublier, c’est une puissance de Vie qui se vit et se reproduit à chaque instant.
1– Or, l’éternelle vérité du Logos n’est pas vécue par les hommes, ni avant qu’ils l’aient entendu, ni lorsqu’ils l’entendent pour la première fois. Et, bien que l’univers, dans son devenir, lui obéisse, les hommes ressemblent à des ignorants quand ils s’exercent à des paroles et à des actes pareil à ceux dont moi, distinctement, je découpe et explique ici la nature contradictoire. Les autres, eux, n’ont aucune conscience de leur conduite dans la veille, Comme ils oublient tout ce qu’ils font dans leur sommeil.
Les mots ne sont que des indicateurs insuffisant en eux-mêmes, car le Logos est cela par quoi je décris et qui ne peut trouver son être dans une simple description. Les hommes identifié a un personnage social, reproduisent inconsciemment les schémas des conditions objectives qui les ont vu naître, or à partir de la perspective Une, les actes et les paroles au sein de la conscience produisent une totalité logique, une contradiction. Ainsi, ils sont inconscients de leur conditionnement social, ils n’ont point reconnu leur vraie nature… à savoir que lorsque la conscience s’éveille à elle-même, il est possible de rester conscient lorsqu’on dort, il semble qu’Héraclite fasse référence à cela plutôt qu’une tautologie qui voudrait que: « Les gens pas éveillés «virgule» soient endormis…».
2-Il faut donc suivre ce qui est commun c’est-à-dire ce qui est universel. Car le Logos universel est commun à tous. Or bien que ce Logos soit commun à tous, la plupart vivent comme s’il possédait en propre une pensée particulière.
Chaque pensée particulière (la voix dans la tête) est une reproduction inconsciente du rapport social en idée. Certains lorsqu’ils entendent cette petite voix vont jusqu’à s’identifier à elle en ayant l’impression: «je pense dans ma tête». Héraclite invite à ne pas suivre cette petite voix, à l’ignorer, pour laisser raisonner en nous le Logos qui émerge du silence mental. Comme Conscience nous avons tous accès à cette perspective commune car c’est ce que nous sommes une fois désidentifiés du personnage. Lorsque les digues de la personne ont rompues, le mouvement réel de la vie s’accueille de lui-même. Il est alors possible d’en rendre compte.
3 – Le soleil large comme un pied d’homme !
Perspective !
4- si le bonheur était fait des jouissances corporelles, nous dirions les bœufs heureux quand ils trouvent du pois chiche à manger.
La perspective, Nous somme le bonheur même qui lorsqu’il entre en contact avec un objet produit la jouissance. La jouissance n’est jamais produite par l’objet lui-même. Le bonheur est se reconnaitre comme complétude qui entre dès le départ en rapport de complétude au Tout. L’individu séparé qui se croit incomplétude qui cherche sa complétude dans un monde cru extérieur demeurera à jamais insatisfait car il manque le but.
6- Le soleil se renouvelle chaque jour. Il ne cesse pas d’être éternellement nouveau.
Une invitation à ne pas se laisser déterminer par un passé personnel ou collectif. Nous sommes neuf chaque jour.
9- les contraires s’accordent, la discorde crée la plus belle harmonie : le devenir tout entier est une lutte.
10 – le Polemos est pére et Roi de toutes choses.
Tout ce qui apparaît dans le champ de conscience, apparaît par paire régie par la contradiction. Cette lutte existentielle, est une harmonie parfaite à laquelle seul les fous séparés d’eux-mêmes peuvent prétendre prendre part. S’approprier la lutte narcissiquement dans un enjeu personnel revient à lutter contre la Vie qui est une lutte en soi, l’invitation est donc d’arrêter le combat illusoire dans le combat réel qui lui n’a besoin de personne pour exister. Le combat fantasmé perturbe et parasite la danse de la vie qui est une lutte par essence mais pas dans le sens partitiste, crispé, tragique ou héroïque que l’individu se fait de la lutte. La lutte dans ce cas est une récupération, une appropriation d’un moment naturel vivant que le personnage maquille afin de se valoriser/dévaloriser.
Entrer dans la danse de la Vie.
13 – Mariages: le tout et le non-tout, le rapproché et le séparé, l’harmonie et son contraire. De toute chose naît l’un et de l’un toutes choses.
L’Un est une non-chose au sein de quoi naît toutes choses et qui en compose la substance fondamentale. Ainsi en tant que l’Un, Nous pouvons nous reconnaître en toutes choses car nous procédons de la même substance qui apparaît en notre sein.
19 – l’Homme échappera peut-être au feu sensible, jamais au feu intelligible. Ou bien comment se cacherait-il de ce qui jamais ne décline ?
L’Homme peut Survivre à la destruction physique. La destination de l’espèce humaine est obligatoirement de dissoudre dans les flammes de la Conscience la croyance en un individu séparé du monde et de faire communion consciente avec le Tout du Un comme conscience universelle. La communion universelle est le point de départ et l’aboutissement de l’Homme. La Conscience non-née immuable et éternelle prendra conscience d’elle-même puisqu’elle contient en elle-même sont propre but, en l’Homme la Conscience se goutera comme infinité vraie.
20 – La multitude ne médite sur rien de ce qui lui échoit; et même, une fois instruite, elle ne le vit pas: elle se l’imagine.
La plupart des gens ne cherchent pas à réaliser leur vraie nature mais à se réaliser en tant qu’individu dans la société. Et même une fois qui leur a été révélé qu’ils sont la Conscience illimitée au sein de laquelle apparaît le personnage limité : ils continuent à partir du personnage qu’ils croient être pour atteindre l’illimité, ils ont de l’illimité une représentation intellectuelle. Ils semblent incapable de s’expérimenter directement comme l’illimité au sein duquel apparaît tout le limité.
21 – énigme de l’oracle : « si tu n’espères pas, tu ne rencontreras pas l’inespéré: en terre inexplorée nulle voie vers lui ne s’ouvre»
Il faut d’abord se perdre dans la recherche de soi-même pour réaliser que nous sommes déjà ce que nous cherchons.
La recherche nous pose hors de nous-même et nous fait manquer le «but». La découverte de notre vraie nature n’est pas un «aller vers» mais un «se laisser être» un «retomber en Soi».
L’illimité qui va se chercher dans le limité et finir par désespérer qu’aucun objet concret ou idéel ne le satisfasse jamais. Ainsi va pouvoir commencer l’exploration intérieure qui aboutit à la révélation que ce que nous sommes déjà est au-delà des objets, inespérable car indéfinissable, inréifiable.



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