A propos, Qui est «je», Qui est «nous»
Il y a la Vie toujours belle puis au sein de celle-ci apparaît le rapport social…
L’absolu conscient se produit comme conscience de l’absolu dans un parachèvement toujours plus subtile. Une intelligence de Vie sans faille incomparable avec les capacités cognitives. Nous sommes déjà cet absolu conscient totalement complet et l’expression d’un seuil de parachèvement par lequel il se manifeste, parfaite imperfection. Une particule fondamentale qui va se produire en miroir créant toutes les particules par des vibrations en chaîne de plus en plus complexes, étoiles, minéraux, planètes, végétaux, animaux, aboutissant à l’Homme…
L’Homme apparaît d’abord comme conscience limitée à un groupe, un corps physique et énergétique, des émotions, des pensées, une vision du monde perçu comme extérieur… L’Homme aboutit est la conscience qui prend conscience d’elle-même comme l’absolu conscient qui s’est produit comme conscience de l’absolu. L’Univers joue à se sentir être et à se décrire. A partir de l’être générique, l’Univers peut dire et surtout expérimenter: “Je suis l’Univers et je me produis en conscience”…
Tout mode de production produit les éléments adéquats à sa reproduction transformative, TOUT, des premières étoiles à l’Homme, est le même mode de production dont diverses phases sont distinguables à l’infini. Le Tout est le Un.
Tout mode de production humain produit les hommes adéquats à sa reproduction transformative. Le mode de production humain basé sur la valeur d’échange produit une conscience qui s’expérimente comme individu séparé du monde nécessaire réceptacle de la domestication sociale. Pour finalement aboutir à la transformation révolutionnaire de la conscience qui se retourne sur elle-même comme chair du monde qui goûte avec joie le monde de sa chair.
Au long du paléolithique, L’Homme se sépare de l’animalité pour entamer un long périple de reconnaissance de lui-même.
Les groupes humains se développent en autarcie dans un rapport organique de plusieurs millénaires où chacun est entièrement (re)-connu comme une fractale de la totalité du monde, la totalité du monde étant la totalité de l’expérimentation consciente du groupe. Il n’y a donc pas de dehors, les hommes du paléolithique sont la totalité du monde dans lequel ils vivent en tant que conscience de groupe limitée au groupe mais le groupe étant l’alpha et l’oméga, il est vécu comme universel, c’est un universel incomplet qui s’ignore. Cette ignorance relative va produire une cosmogonie mythologique et sera la faille nécessaire qui produira l’Histoire. L’homme du paléolithique devra se départir de lui-même c’est à dire de toute la Nature qu’il appréhende de manière limitée pour la réintégrer comme étant bien lui-même en pleine conscience ce qui veut dire débarrassé de toutes croyances, primitives et modernes…
À partir du néolithique l’essaimage des petites communautés dans certaines parties du globe favorables à la reproduction de groupes humains va rendre inévitable les rencontres régulières. Le groupe ne pourra plus être vécu comme totalité universelle. Ne pouvant plus ignorer les autres groupes, le monde se scinde entre « Eux » et « Nous – les vrais hommes ». Va alors se mettre en place un jeu pour la reconnaissance qui ne va plus de soi, il faut à tout prix retrouver l’unité perdue avec le divin-monde.
Le ver est dans la pomme, pour tenter de maintenir son unité définitivement ébranlée, le groupe va produire un rapport de guerres épisodiques et localisées à l’«autre». Les guerres, pour rester équilibrées et ne pas devenir dévastatrices, induisent des alliances, les alliances des échanges en tout genre, et ce qui devait maintenir l’équilibre hors échange finit par précipiter le déséquilibre dans l’échange…
La Nature essentielle de l’Homme est l’universel, l’amour, l’illimité, l’absolu et il ne pourra se sentir complet, il ne pourra stopper sa quête tant qu’il ne se sera pas trouvé, il ne pourra pas se trouver tant qu’il ne cessera pas sa quête illusoire d’une recherche de l’illimité qu’il est dans le limité qui apparaît en son sein. Tout est prêt pour que naissent valeur d’échange, religion et politique.
La recherche de reconnaissance est le mouvement vers l’extérieur ; l’Homme se cherche à l’extérieur de lui-même, c’est une impasse qui produira l’Histoire.
L’Homme perd ainsi la conscience de la totalité et ne se sent plus naturellement (re)-connu par l’intégralité du monde. Le monde n’est plus tout le connu puisqu’il y a maintenant d’autres groupes « inconnus », c’est une rupture de continuité dans le rapport au monde qui produit le sentiment d’un manque ontologique, d’une perte, l’homme va chercher à tout prix cette complétude perdue. Ce qui se passe pour le groupe se passe chez les individus du groupe en tant que membres organiques.
La perte d’universel et le besoin de reconnaissance consubstantiel est vécu par les membres du groupe qui ne voient plus en le groupe une totalité intègre. Alors devient opérante la valeur d’échange, la valeur d’échange étant un moyen médiateur de reconnaissance par l’autre. Concrétisant cette expression abstraite de l’activité humaine, la marchandise devient le seul moyen d’entrer en rapport et d’être reconnu comme humain par un groupe étranger. La valeur d’échange devient petit à petit le moyen de reconnaissance universel – là où aucun moyen n’était nécessaire pour être reconnu lorsqu’on est tout le connu -, elle permet d’être reconnu par d’autres groupes mais aussi en le groupe. La communauté mère est de plus en plus impuissante à se reproduire comme tout du monde et commence sa dissolution.
Alors extraits du moment présent où le groupe ne produit que pour sa reproduction immédiate, va se mettre en place une dynamique de stockage en vue de l’échange futur. Parallèlement, l’individu séparé qui émerge alors va lui aussi stocker du contenu émotionnel et des schéma mentaux qui densifieront la substance de ce personnage aliéné en construction en vue de l’échange dans la représentation sociale narcissique.
La soif d’universel et d’unité via la tentative de reconnaissance va déstructurer les anciens liens communautaires pour y soustraire la valeur d’échange.
L’homme scinde son univers Un et construit donc un ob-jet: l’ « autre ». En créant l’autre comme objet, il se réifie lui-même car en vérité il n’y a pas d’autre alors ce que je fais à l’autre je me le fais à moi-même.
Ainsi est rendue possible cette impression de séparation traduite par la pensée fondamentale: « moi » pierrepauljacques individu séparé. Née au néolithique, cette personne illusoire que nous croyons tous être aujourd’hui s’est complexifiée au fils de l’Histoire. [C’est sur cette pierre de touche qu’achoppent les chercheurs de vérité. Si par son aspect extérieur l’aliénation collective est aisément distinguable en l’argent, la politique et l’État, l’aspect individuel de l’aliénation qui pourtant détermine notre expérience, cet individu séparé que l’on croit être, n’est jamais remis en cause puisqu’il fonde l’illusion qui fait notre réalité chimérique. Être radical c’est aller à la racine de ce qui fonde notre aliénation, c’est donc aussi remettre en cause en totalité ce personnage illusoire qui ne fait qu’apparaître au sein de la Conscience que nous sommes…].
Cette séparation d’avec le monde produit la pensée qui n’est pas le Logos, le Logos étant le monde qui se décrit lui-même directement comme le réel qui n’est donc pas ce monologue souvent intérieur nommé pensée. Un monologue vocalisé à plusieurs ne se transforme pas magiquement en dialogue. Penser le Logos c’est produire de l’anti-Logos…
On comprend que l’objectivité, le Vrai, est inaccessible au personnage qui se croit individu séparé avec un prénom et une histoire personnelle. Se croyant exister séparément du monde, il limite son point de vue de la même manière que le soleil, extérieur à la terre, ne peut en éclairer qu’une partie à la fois…Selon les cristallisations émotionnelles et les schéma mentaux conditionnés par la société, il va adhérer inconsciemment à une vision partielle du monde qui sécurise sa cosmogonie personnelle. Ainsi il adhère à l’idéologie qui lui correspond, elle-même issue du rapport social, l’idéologie est une représentation collective limitée du réel correspondant à un intérêt de classe, là où l’histoire personnelle en est une représentation individuelle.
L’homme s’est fait objet, l’homme s’est fait valeur d’échange. La valeur d’échange est un rapport social aliéné, c’est l’homme séparé qui a le besoin de plus en plus impérieux d’être reconnu en tant qu’homme total dans tout ce qu’il fait et tout ce qu’il touche, puisqu’il a ce sentiment de perte de l’universel, de perte de soi-même. Or, c’est ce mouvement même qui fait de l’homme un objet. Ce mouvement va se complexifier avec les siècles pour atteindre la totalité de la reproduction sociale. Il faut qu’un mode de production aliéné produise la Conscience qui s’expérimente comme individu séparé pour qu’elle accepte de se laisser enfermer dans un rôle social de plus en plus limitant. Il n’y a que « moi » PierrePaulJacques qui puisse s’identifier à un travailleur, un révolutionnaire, une mère au foyer, un homme critique, un artiste, un paysan, une personne avec un passé compliqué… sans éclater de rire face au ridicule de l’énoncé… Il n’y a que « moi » qui puisse être domestiqué puisqu’il est le réceptacle produit nécessairement par le mode de production de la domestication afin d’accueillir les contenus que la domestication a produit. C’est le même principe qui fait qu’un mode de production produit, dans une unité dialectique, les cruches et les denrées accumulables.
En tant que Conscience universelle, ce qui a de la valeur pour l’homme c’est l’Homme lui-même…
À partir de là, la valeur est la part humaine qui est mise socialement dans une chose… Sous forme de besoin puis de procès de production aussi simple soit-il. La substance fondamentale du tout et de toutes choses est la Conscience, la valeur d’échange ne déroge pas à la règle, la substance fondamentale de la valeur d’échange est la Conscience en tant qu’absence. La conscience absente, c’est la conscience qui ne se reconnaît pas dans le monde alors qu’elle en est la substance.
L’homme est le divin qui se parle à lui-même. Oubliant qu’il était le divin, ce dialogue cosmique prend la forme d’un monologue narcissique qui divise le monde en choses, qui pour avoir de la valeur doivent porter sa griffe.
Or en tant que conscience universelle toutes choses portent déjà en elles notre griffe en tant que « Div » qui n’est pas une chose et qui sous-tend toutes choses.
Ainsi en termes de valeur, le point commun entre un joli caillou ramassé au bord d’une rivière et la machine la plus technologique c’est que l’homme y a posé sa griffe en se baissant pour le ramasser ou lors d’un long processus historique de développement technologique.
L’aliénation, la valeur d’échange, c’est cet effort toujours grandissant d’appropriation de ce qui est déjà nous-mêmes mais non-reconnu comme tel… Plus on met d’efforts à s’approprier ce qui est déjà essentiellement nous-mêmes, plus on se le rend étranger en apparence. Plus on court vers soi-même , plus on s’en éloigne puisque cela induit de poser le « vrai soi-même » à l’extérieur pour ensuite courir après, ou alors de se poser à l’extérieur pour courir vers un « vrai soi-même intérieur » , bref jeu de dupe. C’est une fois que l’Homme aura tout mis hors de lui-même qu’il s’arrêtera. Cet arrêt aura comme conséquence instantanée la reconnaissance de Soi en tant que toutes choses et non-chose. Ayant mis toutes les choses hors de lui il se reconnaît en tant que non-chose en tant que complétude qui n’a besoin d’aucune chose pour «être», il est conscience universelle. Comme conscience universelle, il reconnaît tout ce qui apparaît en lui-même comme son propre reflet, alors plus possible d’essayer de s’approprier ce qui a été reconnu définitivement comme soi-même, amour inconditionnel.
Cela se vérifie pour quelques individus lorsque l’époque le permet et se vérifiera pour l’espèce lors de l’autodestruction du mouvement illusoire le plus parfait d’appropriation du monde par lui-même, le mode de production capitaliste.
L’individu séparé, produit de l’aliénation, ne peut que reproduire l’aliénation, il fuit la Vie dans l’apologie ou la critique infinie d’un monde déjà mort attirant d’autre individus en souffrance. L’être générique Vit dés MAINTENANT cette joie subtile, cette paix profonde et cet amour vibrant qui par sa simple présence remet en cause le rapport sociale aliéné. Et comme il l’incarne simplement, cette énergie de Vie insoumise se transmet naturellement là où ce doit.
Ainsi, par le processus révolutionnaire, chaque révolutionnaire a par définition déjà reconnu sa vraie nature, c’est pour cela qu’il rayonne la Joie, la Paix et l’Amour même dans les conditions objectives les plus rudes. C’est pour cela qu’il est inasservissable, celui qui s’est reconnu comme ce qui ne peut mourir n’a point peur de la mort.
C’est dans cette perspective Une, que nous sommes déjà en expérimentation vraie au delà des structures du mode de production de la séparation, et que le moment advenu tous pourront agir avec justesse spontanée dans l’éclosion révolutionnaire totale de l’Homme.
Ici, une invitation et une aide à réaliser l’être générique pour la conscience malheureuse emprisonnée dans l’impression d’être un individu séparé PierrePaulJacques. Pour que rayonne la communauté universelle il ne faut point nécessairement en parler mais d’abord la Vivre assurément.
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